Pendant quinze ans, j’ai fait tourner de l’informatique là où elle n’avait pas le droit de tomber en panne : des salons, des sommets internationaux, des événements où la date d’ouverture ne se négocie pas. En 2025, j’ai quitté l’Île-de-France pour la Charente-Maritime, pour construire quelque chose de plus posé en famille. Ma formation TSSR ne marque pas un départ de zéro : elle met un cadre et un titre sur ce que je pratique depuis quinze ans, et l’oriente vers l’administration des systèmes et des réseaux.
Je n’ai jamais réussi à me contenter de savoir qu’une chose fonctionne. Il faut que je l’ouvre. C’est de là qu’est né mon homelab : un hyperviseur Proxmox, un domaine Active Directory, un Raspberry Pi qui héberge quinze conteneurs, de la supervision, un pare-feu, et des sauvegardes que je restaure vraiment pour vérifier qu’elles valent quelque chose. Rien n’y est installé pour remplir une liste. Chaque service répond à un besoin réel, et quand il tombe à 23 h, c’est moi qui le relève. C’est là que j’apprends le plus, parce que c’est là que je me trompe.
La même curiosité m’a poussé au-delà de l’infrastructure. J’ai conçu, déployé et j’exploite Transformr, un service de conversion de fichiers ouvert au public, et Mon Premier Patrimoine, un site pédagogique gratuit sur les bases de l’argent. Mettre un service en ligne change la façon de travailler : il y a de vrais utilisateurs derrière, une indisponibilité se voit, et l’exploitation compte autant que le développement.
Depuis deux ans, l’IA est entrée dans mon quotidien de travail. Je m’en sers pour automatiser, scripter et documenter, avec des agents que j’utilise tous les jours et dont j’ai appris à connaître les limites autant que les usages. La suite logique, c’est de faire tourner un modèle sur ma propre machine et de l’adosser à ma documentation privée, sans dépendre d’un service extérieur. J’ai monté une première version, elle ne m’a pas convaincu, et je l’ai démontée pour la reprendre proprement : dimensionnement, choix du modèle, constitution du corpus. C’est le prochain chantier du lab, et il sera documenté comme les autres.
Je suis les marchés financiers depuis 2013, d’abord par curiosité, puis avec une formation suivie pendant le confinement pour structurer la pratique autour de l’analyse et de la gestion du risque. Après la naissance de mon fils, ça a pris un autre sens : lui transmettre un jour les bases que personne ne m’a expliquées à vingt ans. Le reste du temps, jeux vidéo et cinéma — pour la même raison au fond, des mondes cohérents dont on découvre les règles en avançant dedans.
Ce que je cherche aujourd’hui : une infrastructure à administrer, à fiabiliser et à faire évoluer, dans une équipe où on documente ce qu’on fait.